Hong Kong - Contes et légendes du Parfum - Anne Camilli
Dénicheuse de talents, Anne Camilli a constitué autour d’elle un pôle créatif avec une ouverture à 360° pour imaginer des projets « à la Carte », inventifs et sensoriels, à l’attention des marques et des entreprises.
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Hong Kong – Contes et légendes du Parfum

Le 7 juin 2011, le Consul général de France à Hong Kong Arnaud Barthélémy a ouvert officellement  l’exposition Perfume Tales and Legends, en presence du President de Guerlain Laurent Boillot et de son Directeur général grande Chine Philippe Sode. Découvrir l’univers riche et entêtant de la grande parfumerie, celle qui tient plus à l’art qu’à la consommation, voici ce que vous proposent dans le cadre du French May les conservateurs de l’exposition Anne Camilli et Jean-Marie Martin-Hattemberg

Guerlain, une des grandes maisons emblématiques de la parfumerie française, s’est associée à ce projet et a preté de magnifiques créations dont LIU, parfum de 1929 en hommage à l’héroïne chinoise de Turandot dans l’Opéra de Puccini que Jacques Guerlain appréciait tout particulièrement.

« Non seulement Hong Kong signifie ‘port aux parfums’ en chinois, mais la moitié des parfums vendus sur le territoire sont de fabrication française. Quel meilleur endroit pour organiser une exposition sur les parfums ?« , résume le Consul général de France à Hong Kong Arnaud Barthélémy lors de l’ouverture officielle de l’exposition Perfume Tales and Legends  au Pacific Place, à Admiralty. Jusqu’au 16 juin, l’univers de la grande parfumerie invite le public asiatique à s’initier à l’une des grandes traditions françaises.

« Un parfum doit raconter une histoire »
Tout commence en 2010. Anne Camilli, dans l’industrie du parfum depuis 25 ans, et Jean-Marie Martin Hattemberg, collectionneur d’objets d’art en relation avec le monde du parfum et des cosmétiques, présentent une exposition sur le bâton de rouge à lèvre au French May. Le Conseiller culturel Gilles Bonnevialle leur confie son rêve de voir une exposition sur le parfum. Un travail auquel ils s’attellent avec enthousiasme. Un an plus tard, ils proposent une collection de quelques 110 objets emblématiques de la parfumerie, avec comme fil d’Ariane les contes et légendes du parfum. « C’est ce qui nous plait, sourit Anne Camilli, curatrice de l’exposition. Un parfum doit raconter une histoire. De ce point de vue là, le 20e siècle a été l’âge d’or de la parfumerie, avec des créateurs qui ont fait preuve de beaucoup de talent et d’audace. C’est ce que nous voulons faire découvrir au public asiatique ».

Anne Camilli et Jean-Marie Martin-Hattemberg. (Photo: L. M.)

Excellence française
Pour cela, le parcours sera didactique. De l’Antiquité à aujourd’hui, en passant par les parfums de légende et par la période faste du 20e siècle, les visiteurs auront un aperçu de la richesse d’un univers qui mobilise de nombreux talents : « La spécificité du parfum, c’est que tous les composants sont importants : l’étui, le flacon, la note de tête, la note de fond… rien ne peut être négligé, explique Anne Camilli. C’est un métier très riche ».

Des flacons, des matières premières, des senteurs et des diffuseurs s’offriront à la curiosité des visiteurs. Maison française de parfumerie par excellence, Guerlain est l’une de celles qui a su durer et se développer en conservant le goût de la qualité. L’entreprise s’est donc associée à l’événement. Une évidence pour la curatrice, pour qui la marque est emblématique du savoir-faire français en la matière.

Le langage du parfum
« Nous avons voulu initier le public à l’aspect culturel du parfum« , enchaîne Jean-Marie Martin-Hattemberg, qui possède une grande partie des objets exposés. Selon le collectionneur, deux pièces traduisent particulièrement bien le « langage du parfum » : L’Effleurt et Le Roy Soleil. Toutes deux ont révolutionné l’industrie, et notamment la flaconnerie. « Avant le 20e siècle, peu de soin était accordé aux flacons, explique Jean-Marie Martin-Hattemberg. Cela a changé entre autres avec ces deux parfums. François Coty a sollicité le joaillier René Lalique pour dessiner le flacon de L’Effleurt, pour qu’il soit à l’image de la fragrance : le contenant et le contenu doivent s’harmoniser. Scaparelli, elle, a demandé à son ami Salvador Dali de dessiner le flacon de son parfum Le Roy Soleil, qui célébrait la France. Ils sont à l’antipode du nihilisme de Coco Chanel, qui refusait tout ornement. Ces deux objets sont chargés d’histoire et d’émotions ».

A droite, le flacon du Roy Soleil, de Scaparelli

Et c’est cette émotion qui fascine et fait du parfum l’un des objets de prédilection des collectionneurs. Expert auprès de la Cour d’appel de Versailles, Jean-Marie Martin-Hattemberg dirige deux ventes à Drouot, dont certaines pièces rares se négocient jusqu’à 70.000 euros. « C’est une clientèle qui se résume à une dizaine de grands collectionneurs mondiaux. L’un d’eux est d’ailleurs hongkongais ». Les passionnés, cependant, sont suffisamment nombreux pour se retrouver chaque année lors d’une convention internationale autour des objets de parfumerie, aux Etats-Unis.

Produit de consommation
La virtuosité des parfumeurs du 20e siècle est-elle perdue ? Anne Camilli et Jean-Marie Martin-Hattemberg s’accordent pour dire que le marché a évolué avec son temps : le parfum est devenu un produit de consommation courante utilisé par des millions de personnes chaque jour. Nombre de parfumeurs privilégient l’aspect commercial avant de s’inquiéter de la qualité. En conséquence, les produits ne durent pas : sur les quelque 500 nouveaux parfums lancés sur le marché chaque année, seule une poignée vivra deux ans. Pour autant, la haute parfumerie perdure. Les marques se lancent à la recherche de leurs racines olfactives et redonnent ses lettres de noblesses à la créativité. « C’est une industrie à deux vitesses« , résume Anne Camilli. Jean-Marie Martin-Hattemberg précise : « Aujourd’hui, les gens ne veulent plus sentir comme tout le monde. Les consommateurs sont devenus exigeants, et des marques comme Guerlain ont saisi cette tendance ».

Laurent Boillot, CEO de Guerlain, est venu à Hong Kong pour le vernissage de l’exposition.

La particularité du parfum, voici donc l’objet de cette exposition, dont une partie est réservée à l’apprentissage : des ateliers sur les matières premières, l’art de faire et de porter un parfum. Le succès est au rendez-vous : tous les ateliers affichent d’ores et déjà complets. Anne Camilli se réjouit de toucher un public en grande partie asiatique et de ne pas capter uniquement l’intérêt des expatriés. « La Chine est plutôt un pays de pharmacopées, estime Jean-Marie Martin-Hattemberg. Mais cela changera. Je pense que les Chinois sensibles à l’art finiront par s’intéresser au parfum ». Comme une promesse de cette évolution, Laurent Boillot, CEO de Guerlain, était venu depuis Paris pour le vernissage de l’exposition, proposant à un public majoritairement hongkongais un voyage « dans le monde de l’invisible, de l’imagination et de la méditation« . Un monde de beauté, de poésie, d’émotions et de mémoire. Fondateur de la maison éponyme, Jacques Guerlain consacrait ainsi le parfum « comme la forme la plus intense du souvenir« .

Lisa Melia (www.lepetitjournal.com/hongkong) vendredi 10 juin 2011

Perfume Tales and Legends
Garden Court, LG1, Pacific Place
88 Queensway, Admiralty
Du 3 au 16 juin
Entrée libre

Anne Camilli
anne.camilli@orange.fr